Le PEB n’est plus seulement un document administratif à fournir lors d’une vente. Avec l’augmentation du coût de l’énergie et l’évolution des politiques de rénovation en Wallonie, la performance énergétique est devenue un élément important dans la décision d’achat.
Et depuis le 1er septembre 2026, le certificat PEB wallon a encore évolué pour fournir davantage d’informations aux propriétaires et aux futurs acquéreurs.
Mais une maison avec un bon PEB vaut-elle réellement plus cher ?
Le PEB est devenu un critère d’achat
Pour un acheteur, le certificat PEB donne une première indication de la performance énergétique d’un logement.
Une habitation performante présente plusieurs avantages : consommation théorique plus faible, meilleur confort et, généralement, moins de travaux énergétiques à prévoir.
À l’inverse, une maison classée F ou G peut impliquer un budget de rénovation supplémentaire après l’acquisition.
Cette différence se répercute progressivement sur la perception de la valeur du bien et sur les critères de recherche des candidats acquéreurs.
Jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros de différence
Une analyse publiée par Immoweb en 2026 a cherché à mesurer cet impact. Pour une maison wallonne type de 150 m², l’écart estimé entre un logement PEB A et un logement PEB G atteint environ 48.000 €, à caractéristiques comparables.
Il ne faut évidemment pas interpréter ce montant comme une règle applicable à toutes les maisons.
La localisation, la superficie, le terrain, l’état général, l’architecture et la demande locale restent des éléments déterminants dans l’estimation d’un bien.
Mais la tendance est claire : la performance énergétique fait désormais partie des éléments susceptibles d’influencer la valeur d’un logement.
Un mauvais PEB rend-il une maison invendable ?
Non.
Une maison classée E, F ou G peut parfaitement trouver acquéreur. Tout dépend du prix demandé, de sa localisation, de ses qualités et de son potentiel.
Certains acheteurs recherchent même volontairement des habitations à rénover afin de les transformer selon leurs besoins et leurs goûts.
L’enjeu consiste alors à intégrer correctement le coût probable des travaux dans le positionnement du bien.
Faut-il rénover avant de vendre ?
Pas nécessairement.
Réaliser 50.000 € de travaux énergétiques ne garantit pas automatiquement une hausse équivalente du prix de vente.
Avant d’engager des travaux importants, il convient donc d’en évaluer l’intérêt. Certaines interventions peuvent améliorer à la fois les performances et l’attractivité du logement. Dans d’autres situations, il sera plus pertinent de laisser le futur propriétaire réaliser lui-même la rénovation.
Une estimation immobilière ne peut donc pas se baser uniquement sur la lettre du PEB : elle doit tenir compte du bien dans son ensemble et de son marché local.
Depuis le 1er septembre, le certificat PEB évolue
Depuis le 1er septembre 2026, les nouveaux certificats PEB établis en Wallonie sont plus complets. Cette évolution ne modifie pas la méthode de calcul de la performance énergétique et les certificats établis avant cette date restent valables jusqu’à leur échéance.
La principale nouveauté est l’intégration d’un parcours indicatif de rénovation vers le label A. Les améliorations possibles sont organisées en différentes étapes afin de donner au propriétaire ou au futur acquéreur une vision plus claire de la manière dont le logement pourrait évoluer.
Pour chaque étape, le certificat indique notamment les travaux envisagés, leur impact potentiel sur la performance énergétique et une fourchette de coûts indicative, afin de mieux anticiper les investissements nécessaires.
La manière d’établir le certificat évolue également, avec une attention renforcée portée aux preuves justificatives utilisées par le certificateur.
Le PEB devient donc davantage qu’une photographie énergétique du logement à un instant donné : il donne aussi une première vision de son potentiel d’amélioration et du chemin à parcourir vers une meilleure performance.
Il ne remplace toutefois pas un audit Logement, qui repose sur une analyse plus détaillée et personnalisée du bâtiment et du projet de rénovation.
Un calendrier de rénovation qui pourrait peser sur les décisions d’achat
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie wallonne beaucoup plus large. Le Plan wallon de rénovation énergétique des bâtiments prévoit l’introduction progressive de seuils minimaux de performance, avec notamment l’objectif de faire disparaître les labels F et G du parc résidentiel à l’horizon 2035.
Le calendrier actuel prévoit qu’en cas d’achat d’un logement à partir de 2028, l’acquéreur disposerait de cinq ans pour atteindre un niveau minimum de performance :
- PEB D pour un achat à partir de 2028 ;
- PEB C à partir de 2031 ;
- PEB B à partir de 2036 ;
- PEB A à partir de 2041.
Des objectifs progressifs sont également envisagés pour l’ensemble du parc immobilier existant, avec des seuils allant du PEB F en 2031 au PEB B en 2050.
Ces échéances renforcent l’importance du PEB dans une décision immobilière. Un acheteur ne regarde plus uniquement la performance actuelle du logement : il peut aussi devoir anticiper les rénovations qui seront nécessaires dans les années à venir.
De nouveaux soutiens à la rénovation dès octobre
À partir du 1er octobre 2026, le nouveau régime wallon de soutien à la rénovation énergétique doit également entrer en vigueur.
Le soutien régional ciblera les logements les moins performants et sera notamment destiné aux projets permettant :
- à un logement PEB F ou G d’atteindre au minimum le label D
- à un logement PEB E d’atteindre au minimum le label C
Pour les vendeurs comme pour les acheteurs, ces différentes évolutions renforcent donc l’intérêt de bien comprendre le PEB d’un logement, mais aussi le potentiel d’amélioration qui se cache derrière sa lettre actuelle.
