Les taux d’intérêt sont à nouveau au centre de l’actualité immobilière.
Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne a décidé de relever ses trois taux directeurs de 0,25 point. À partir du 16 septembre, le taux de la facilité de dépôt passe notamment à 2,50 %.
Pour les personnes qui envisagent d’acheter une maison ou un appartement, une question se pose naturellement : cette évolution va-t-elle rendre l’accès au crédit plus difficile ?
Les taux hypothécaires avaient déjà commencé à remonter

Le mouvement n’a pas débuté en septembre.
Selon Febelfin, les taux moyens des crédits hypothécaires observés en Belgique en mai 2026 variaient entre 3,41 % pour les crédits avec une période initiale de fixation supérieure à dix ans et 4,40 % pour les crédits avec une fixation d’un an maximum.
Au deuxième trimestre 2026, près de 50.000 crédits hypothécaires ont néanmoins encore été conclus en Belgique, pour un montant total proche de 9,5 milliards d’euros hors refinancements.
Le marché du crédit reste donc actif, même si les conditions de financement demandent davantage d’attention qu’il y a quelques années.
Une hausse des taux directeurs n’est pas automatiquement répercutée à l’identique
Lorsque la BCE augmente ses taux, cela influence progressivement le coût du financement dans l’économie.
Cela ne signifie toutefois pas qu’un crédit hypothécaire augmentera automatiquement de 0,25 point du jour au lendemain.
Les banques déterminent leurs conditions en fonction de nombreux facteurs : durée du prêt, taux fixe ou variable, apport personnel, quotité empruntée, revenus, stabilité financière du ménage ou encore évolution des taux à long terme.
Deux acheteurs intéressés par le même logement peuvent donc recevoir des propositions de financement différentes.
Quelques dixièmes peuvent modifier le budget
Sur un crédit immobilier de longue durée, une variation du taux peut avoir un effet significatif sur la mensualité et surtout sur le coût total du financement.
Pour un acheteur, raisonner uniquement en fonction du prix affiché du bien n’est donc pas suffisant.
Il faut considérer le projet dans son ensemble :
- Le prix d’achat
- L’apport personnel
- Les droits d’enregistrement et autres frais
- Le montant à emprunter
- Les éventuels travaux
- La mensualité que le ménage souhaite réellement consacrer à son logement
C’est souvent ce dernier élément qui détermine le véritable budget immobilier.
Les acheteurs deviennent plus attentifs au prix demandé

L’évolution des conditions de crédit a également une conséquence pour les vendeurs.
Lorsque le coût du financement augmente, certains candidats acquéreurs disposent mécaniquement d’une marge de manœuvre plus limitée. Un écart de quelques dizaines de milliers d’euros entre le prix demandé et la valeur perçue du bien peut alors devenir déterminant.
La qualité de l’estimation et du positionnement initial prend donc encore davantage d’importance.
Un prix cohérent permet de toucher les acheteurs dont le budget correspond réellement au bien, plutôt que de devoir procéder à plusieurs diminutions après plusieurs semaines ou plusieurs mois de commercialisation.
Faut-il attendre que les taux redescendent pour acheter ?
Personne ne peut prévoir avec certitude l’évolution future des taux.
La BCE précise elle-même que ses prochaines décisions dépendront de l’évolution de l’inflation et des données économiques, sans annoncer à l’avance une trajectoire précise.
Reporter un projet uniquement dans l’espoir d’obtenir un meilleur taux n’est donc pas nécessairement la solution.
L’essentiel reste de vérifier que le projet est financièrement confortable aujourd’hui, tout en conservant une marge suffisante pour les autres dépenses du ménage.
